amour fonduOn a jamais autant aimé que sur Facebook. Le problème, c’est que le verbe « aimer » s’y emploie à toutes les sauces. La faute à qui ? En partie à la polysémie du mot en français. En effet, si l’anglais distingue le sentiment d’aimer au sens du comportement amoureux (love) de celui d’apprécier une chose ou un objet (like), la langue de Molière ne fait pas cette distinction. Cette « imprécision » prend un tour particulièrement aigu sur Facebook, où le verbe « aimer » est devenu un terme galvaudé.

C’est que la manière dont nous avons appris à interagir sur Facebook a modifié jusqu’à notre définition du verbe « aimer ». Lorsque l’on clique sur le bouton « j’aime » de Facebook, il ne s’agit pas nécessairement de dire « j’aime ce que tu as dit » au sens de : « je l’apprécie ». Non, cette action prend de multiples significations ! Celui qui clique peut vouloir dire : «ce que tu as dit est drôle », « ce que tu as dit est triste, mais je te soutiens », « je ne suis pas d’accord, mais j’accepte ton point de vue », etc.

Peu importe la phrase, la photo, la vidéo, peu importe ce qui est dit, tout le monde aime tout, tout le temps, parce que c’est devenu une habitude  sur le réseau social.

Le verbe « aimer » risque t-il de perdre sa signification profonde à cause de Facebook ? Probablement pas. Mais restons vigilants par rapport aux novlangues que les nouvelles technologies imposent parfois. Elles ne doivent pas nous faire renoncer à une autre caractéristique de l’âme humaine, aussi précieuse que l’amour : le sens de la nuance.