Référentiel Achats 2012

Référentiel Achats 2012

Lors de la matinée de remise du Référentiel Achats 2012, après l’intervention d’Hubert Hémart, DG adjoint de Monoprix, les Directeurs Achats sont entrés en scène. Pour le premier débat de la matinée, animé par Laurent Guerry, Partner chez Oliver Wyman, quatre intervenants ont donné à l’assistance leurs ressentis face aux nouvelles priorités des Achats, dans un contexte de crise.

Gilles Drouard, CEO de Nexans (câblerie industrielle) et ancien acheteur, explique que la crise a pris du retard dans son domaine d’activité. Cela lui a permis de s’y préparer et de tout faire pour l’anticiper. La crise a globalement été une opportunité pour les Achats de Nexans. « Par exemple, la crise a été un paradis pour l’achat de matières premières », indique t-il. Il a cependant fallu relever des challenges, et c’est en mettant en place des relations sur le long terme avec ses fournisseurs que Nexans y est arrivé.

Pour Emmanuel Erba, Directeur des Achats chez SFR, quand une crise finit, une autre apparaît. Si le secteur des Telcos n’a pas souffert directement de la crise, il en sent désormais les effets au travers de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs.

Selon Jean-Phillipe Collin, Vice President Chief Procurement Officer chez Sanofi-Aventis (secteur pharmaceutique), la crise s’est caractérisée avant tout par l’émergence des pays à bas coûts (LCC, low cost countries) comme l’Inde ou la Chine. Leur croissance est une réalité. Pour preuve, le chiffre d’affaires de Sanofi-Aventis est passé de 30 à 40 % dans ces pays. Au contraire, dans les pays industrialisés (États-Unis, Europe), les contraintes sur les dépenses de santé sont de plus en plus fortes et les usagers (l’État notamment) sont de plus en plus regardants sur les coûts des services de soin et des médicaments. Les marges baissent donc et la R&D des laboratoires ne parvient pas à mettre sur place des produits vraiment innovants (des « blockbusters ») pour relancer les ventes.

Pour Laurent Cochereau, Directeur des Achats de Allianz, si des pays se portent encore très bien (comme l’Allemagne) ou relativement bien (comme la France), il est triste de constater que la crise frappe très fort en Espagne ou en Italie.

Face à ce changement de contexte, Laurent Guerry se demande comment les Directions Générales ont réagi et comment les Achats ont été mis à contribution.

Pour l’ensemble des intervenants, il y a un changement de paradigme dans la pratique Achats, qui peut passer par de nombreuses choses : trouver comment redéployer les Achats dans les pays émergents, comment compléter son offre de produits, comment mieux travailler avec ses clients internes ou faire monter en compétence les acheteurs. Aujourd’hui, les Achats sont clairement présents pour que leurs clients parviennent à tenir leurs budgets, quitte à être bien plus intrusifs qu’ils ont pu l’être dans un passé proche.

Selon les entreprises représentées dans le référentiel des achats 2012, les Achats ont globalement gagné en crédibilité et ont atteint un haut degré de maturité. Se pose toutefois la question de la mesure de leur performance. Selon Emmanuel Erba, « les seuls indicateurs qui comptent sont les gains dans le compte de l’entreprise. Le reste, c’est de la littérature ».

En somme, la transversalité est le maître mot. C’est en travaillant au plus près de leurs clients, de leurs fournisseurs et des autres services que les achats créent de la valeur.