Dans son article «De la lexicométrie à la logométrie», Damon Mayaffre revient sur les contraintes linguistiques liées à la lexicométrie. Reprenant les thèses des réfractaires et des spécialistes de la discipline, il propose de dépasser leurs contradictions à travers une «modernisation» de l’analyse informatisée des textes, qu’il appelle « logométrie ».

« Le discours est l’endroit où la langue est travaillée par l’idéologie, où les mots sont enjeux, où leur sens est en jeu, là où le dictionnaire, qui canonise le sens, enregistre de manière figée et naïve ce travail. »*

La plupart des obstacles techniques et matériels qui existaient à l’époque des premiers développements de la lexicométrie sont en passe de devenir caducs. Les textes numérisés sont ainsi de plus en plus aisément accessibles sous un format universel (XML). Par ailleurs, le perfectionnement des logiciels facilite les traitements des textes par les ordinateurs.

Pourtant, la lexicométrie connaît encore de nombreux détracteurs. Ce n’est plus sa faisabilité technique qui est en cause, mais la validité même de l’approche linguistique qu’elle propose. Depuis sa création, la pertinence scientifique de la méthode est pointée du doigt. Soupçonnée de s’intéresser uniquement à la forme des mots et non à leur sens, la lexicométrie est considérée comme une discipline restrictive qui n’a pas la capacité de dévoiler une véritable réalité linguistique. En effet, la lexicométrie compte les mots. Tous les mots. En outre, les logiciels ne distinguent pas les homographes (mots s’écrivant de la même façon mais avec des sens différents).Lire la suite…